Stratégie multicloud et interopérabilité

4 entreprises utilisant le cloud public sur 5 ont au moins 3 fournisseurs. Principaux atouts : la flexibilité et l'indépendance. A condition que techniquement ce soit possible et faciliter par les fournisseurs cloud et que l'interopérabilité soit au rendez-vous.

La stratégie multicloud convainc la majorité des entreprises et selon une étude réalisée par Gartner, 4 entreprises utilisant le cloud public sur 5 ont au moins 3 fournisseurs. Pour ces entreprises, l’interopérabilité devient essentielle à leur bon fonctionnement. Cela permet notamment d’être totalement flexible et de ne pas être dépendant de ces fournisseurs. Autrement dit, échapper au « lock-in ». L’absence d’interopérabilité présente des risques en matière de continuité des activités.

L’interopérabilité dans une stratégie multicloud

Pour mettre en place l’interopérabilité entre plusieurs clouds, il faut des API, des conteneurs ainsi que des modèles communs de données. Des processus partagés sont Bien évidemment requis pour que les composants hébergés sur des clouds distants puissent communiquer efficacement et de manière fluide.

En outre, mettre en place une réelle interopérabilité passe forcément par la synchronisation des données en temps réel et par l’usage des composants de manière dynamique. Toute cela sans nuire aux performances des applications ni à leur sécurité. Raison pour laquelle les experts s’accordent à dire que l’interopérabilité en mode multicloud est un défi pour les entreprises.

Les blocages à l’interopérabilité en multicloud

Si sur le papier elle parait évidente, la mise en place de l’interopérabilité n’est pas chose aisée. Les entreprises se heurtent à quelques réalités qui se dressent comme des freins, particulièrement de la part des fournisseurs qui ne jouent pas vraiment le jeu. Parmi lesquelles :

· La disparité des technologies utilisées par chaque fournisseur cloud

· La spécialisation des développeurs sur une technologie cloud donnée

· La difficile portabilité des données

· La complexité des configurations entre applications SaaS

· L’impact négatif de la portabilité des applications modulaires sur les performances

· Le risque en matière de cybersécurité entrainé par la confusion autour du partage des responsabilités

· Le peu de volonté des fournisseurs cloud qui préfèreraient conserver une exclusivité et privilégie les solutions propriétaires

Comment venir à bout de ces obstacles ?

Pour résoudre ces problématiques, les entreprises peuvent se fier aux bonnes pratiques permettant de relever le défi de l’interopérabilité. Parmi les plus connues voici celles qui ont maintes fois fait leurs preuves :

· Faire la part belle aux fournisseurs qui soutiennent les projets comme OpenStack et Open Comput et plus largement l’Open Source ;

· Evaluer le niveau de compatibilité entre les fournisseurs cloud et le fournisseur avec lequel l’entreprise collabore déjà ;

· Faire bon usage des adaptateurs publics pour que les applications puissent être facilement portées d’une plateforme à une autre ;

· Privilégier les API et les conteneurs qui ne sont pas spécifiques à certaines plateformes et éviter tant que faire ce peu les « boîtes noires ».

Interopérabilité et souveraineté numérique européenne

Aujourd’hui, le marché mondial du cloud est dominé par les géants américains et chinois. Alibaba, Amazon, Google et Microsoft détiennent près de 70% du marché européen, ce qui signifie que les données européennes sont hébergées par ces multinationales. Une réalité que les acteurs majeurs du Vieux Continent, notamment allemands et français, ambitionnent de changer grâce au Projet Gaia-X. Pour rappel, Gaia-X est un projet qui vise la souveraineté numérique européenne. Ses enjeux sont sociaux, économiques, technologiques et politiques. L’idée est de promouvoir les acteurs européens du cloud et de leur confier intégralement l’hébergement des données du continent. Exit les grands noms du cloud hors UE, qui n’appliquent pas le RGPD.

La mise en place de Gaia-X permettra la mutualisation du potentiel numérique et l’interopérabilité des données européennes. Les informations et données appartenant aux systèmes de chaque état membre de l’UE pourront alors être exploitées par les autres états membres.

Cependant, le projet Gaia-X semble s’éloigner son idée originelle par suite de l’intégration d’acteurs étrangers, notamment américains dans le projet. Une décision raisonnable pour certains acteurs mais vécue comme une trahison pour d’autres. Affaire à suivre.



Par Baptiste.casnedi