Le terme Web3 est actuellement l’un des « buzzwords » les plus récurrents. Rien de bien étonnant lorsqu’on apprend qu’il s’agit de la version d’internet que nous utiliserons dans un futur plus ou moins proche. Le concept déchaine les passions sur la toile et les débats sont parfois houleux entre les enthousiastes et les sceptiques. Cela étant dit, le Web3 reste globalement flou pour la majorité des usagers d’internet. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce nouveau concept.
Décryptage du nom Web3
Le Web3 est en fait le diminutif de Web 3.0, quoique le nom original n’est pas assez long pour vraiment faire l’objet d’une appellation abrégée. Il s’agit donc du successeur du Web 2.0, que nous utilisons depuis la seconde moitié des années 2000. Pour rappel, la première version du World Wide Web ou Web 1.0, lancée au tout début de l’internet grand public, était pour ainsi dire un portail d’informations affichées par des pages statiques entre lesquelles on pouvait naviguer. Cette version a vite été évincée par le Web 2.0 qui était plus participatif ou plus interactif avec l’émergence des réseaux sociaux et des plateformes qui proposent des services aux consommateurs, devenus de plus en plus indispensables à notre quotidien.
Le terme Web3 a été entendu pour la première fois en 2014. On doit cette idée à Gavin Wood, qui n’est autre que le cofondateur d’Ethereum, technologie blockchain sur laquelle repose la cryptomonnaie Ether (deuxième monnaie virtuelle utilisée au monde après Bitcoin à l’heure actuelle).
Les promesses du Web3
Aujourd’hui la quasi-totalité des plateformes les plus utilisées en ligne sont contrôlées par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) ou les sociétés mères des multinationales qui le compose (Alphabet, société mère de Google, Meta, société mère de Facebook, etc.) Résultat, ces sociétés centralisent la grande majorité des données personnelles et des contenus mondiaux.
Le Web3 devrait être décentralisé afin de redistribuer les cartes en redonnant le contrôle aux internautes. Exit les intermédiaires que représentent ces grands noms de la tech. Le principe est donc proche de celui des cryptomonnaies et se base sur la blockchain. Nous pourrons donc assister à l’émergence d’actifs financiers qui permettraient à chaque service de fonctionner et de plateformes détenues et gérées par des communautés d’utilisateurs.
Web3 ne fait pas que des enthousiastes
Le concept du Web3 ne convainc pas tout le monde et parmi ses détracteurs, on compte quelques personnalités influentes de la tech dont le milliardaire et non moins fantasque Elon Musk. L’homme à la tête de Tesla, pourtant crypto-enthousiaste s’est moqué ouvertement du Web3 à plusieurs reprises en qualifiant notamment le concept de simple mot à la mode. En même temps, on ne pouvait espérer une autre réaction de la part d’un dirigeant de grand groupe, dont le modèle économique peut être impacté par la concrétisation de ce projet.
Jack Dorsey, cofondateur de Twitter mais qui ne travaille plus à la tête du réseau social de déclarer :
Vous ne possédez pas le Web3. Les VC et leurs commanditaires, eux, le possèdent. Il n'échappera jamais à leurs motivations. C'est finalement une entité centralisée avec une étiquette différente.
Certains détracteurs limitent l’intérêt du Web3 aux applications de niche, dont la plupart sont des services autour des cryptomonnaies. D’autres pointent du doigt certains aspects du concept, dont la finance décentralisée (DeFi) qui poussera les utilisateurs à ne plus dépendre des banques. Ce qui ouvre la voie au blanchiment d’argent.
Où en sommes-nous actuellement ?
Le Web3 possède actuellement sa Fondation, qui est dirigée par Gavin Wood lui-même. Ce dernier dirige également la société Parity Technologies, focalisée sur le développement de logiciels pour le Web3. Le projet bénéficie d’un soutien financier très important et les fonds proviennent de partout. Parmi les derniers en date, on notera ceux fournis par Solana, par Cronos et surtout par Ledger et Cathay Innovation qui se sont associés pour offrir une enveloppe de plus de 100 millions de dollars. Sans parler des investissements colossaux dont font l’objet la cryptomonnaie, la DeFi ou encore la NFT, des domaines étroitement liés à ce web libre et décentralisé.



