Vers un cloud plus écoresponsable ?

Le numérique représente 3,7% des émissions de CO2, dont une majeure partie liée aux infra cloud et est en hausse. Un cloud écoresponsabe inversant la tendance est-il possible ?

L’industrie du numérique génère 3,7% de l’émission de CO2 dans le monde selon The Shift Projet, un groupe de réflexion français orienté écologie. Même si, sur le papier, il est censé faciliter le quotidien d’une entreprise tout en réduisant de manière significative sa consommation en ressources et en énergie, l’avènement du cloud amène quelques réflexions d’un point de vue de son écoresponsabilité. Le cloud est-il réellement vert ? Quels serait l’envers du décor et comment y remédier ? Eléments de réponse.


Démystifier le cloud

Bien que l’imaginaire collectif suppose que le cloud soit plus écologique que l’informatique traditionnel, ce n’est pas tout à fait systématique, en tout cas pas pour le moment. Il convient donc de démystifier ce concept pour en découvrir les limites et les nuances. Même s’il dématérialise l’informatique au niveau du client, côté fournisseur le cloud est bel et bien matérialisé par des millions d’ordinateurs et de nombreux data centers. On dit souvent que le cloud n’est finalement que l’ordinateur d’un autre, ailleurs.

Toute une infrastructure bel et bien physique à recycler périodiquement. Selon les rapports de la Commission Européenne, 10% de la consommation énergétique des datacenters (environ 54 TWh/an) concernait les services cloud en 2010 puis 35% en 2018 (environ 77 TWh/an).

Ensuite, le cloud a tendance à favoriser la duplication des données. Particuliers ou professionnels, certains utilisateurs stockent pratiquement tout en double. Exemple le plus courant, l’individu qui copie ses photos de vacances à la fois sur son ordinateur personnel et sur le cloud (Google Drive, iCloud, Dropbox…). Toutes les formes d’exploitation superflues du cloud ne sont pas sans conséquences sur l’usage des ressources au niveau des datacenters.


Les avantages écologiques du cloud

Néanmoins tout n’est pas si sombre, puisque le cloud possède de réels avantages écologiques. Il permet, entre autre, de réduire les investissements en équipements (moins d’appareils), de dématérialiser les documents (moins de documents sur papier), de réduire les émissions de CO2 liées aux transports (moins de déplacements) et de solliciter les ressources uniquement lorsque c’est nécessaire (flexibilité). Par ailleurs, les acteurs majeurs veulent montrer l’exemple en annonçant publiquement leurs engagements écologiques. Par exemple, Microsoft déclare viser le zéro carbone en 2030. La firme continue de mettre au point des piles à hydrogène qui devraient alimenter ses datacenters après un essai concluant en 2020. Deux autres membres du GAFAM, à savoir Google et Apple ont prétendu être alimentés totalement par de les sources d’énergies renouvelables.

En outre, un consortium de 25 entreprises (dont OVHCloud, AWS, Google, Atos et Swaleway) et 17 associations européennes se sont récemment liguées pour emmener l’Europe vers une neutralité climatique totale des datacenters en 2030. Présenté avec des objectifs chiffrés plutôt ambitieux, ce pacte s’inscrit dans la continuité du « Green Deal », qui a pour ambition de faire de l’Europe le premier continent neutre pour le climat. L’avancement de ce vaste projet sera suivi par la Commission Européenne deux fois par an.


Comment rendre le cloud plus écoresponsable ?

Dans la pratique, pour que le cloud soit plus écoresponsable, tout est question de pratique, de bonnes pratiques. En utilisant le cloud de manière plus réfléchie, il est tout à fait possible de profiter de ses atouts en termes d’écologie. Voici quelques exemples (liste non exhaustive) :

  • Utiliser un serveur écoresponsable dédié au cloud : alimenter les serveurs dédiés au cloud grâce à des sources d’énergies renouvelables.
  • Privilégier les datacenters qui proposent du monitoring énergétique : ainsi l’usager est informé de l’impact de chaque requête.
  • Utiliser des outils de déduplication des données afin de limiter la consommation des ressources en calcul et en stockage.
  • Refroidir les serveurs : la climatisation influe directement sur la consommation en énergie. Refroidir un serveur en l’installant dans l’eau d’une rivière, par exemple, est un choix déterminant.


Par Baptiste.casnedi