Ce n’était qu’une question de temps. Après les associations - Google Cloud & Thales – d’une part et Microsoft, Orange Business Services & Capgemini d’autre part, c’est au tour d’Amazon Web Services de se lancer dans le cloud de confiance. Pour ce faire, l’autre géant étatsunien du cloud a signé un accord avec Atos, le concurrent historique de Capgemini.
Cloud de confiance, nouveau terrain de jeu des GAFAM
La concurrence est rude au sein du trio de tête du marché mondial du cloud. À chaque fois qu’une multinationale fait avancer un pion, il est rapidement imité par les deux autres. AWS a pris un léger retard par rapport à ses deux concurrents qui se sont déjà lancés sur le marché du cloud de confiance avec un acteur Français depuis plusieurs mois. Pour tout dire, AWS a déjà tenté le coup en 2020 avec Outposts mais son projet avec la solution de la principauté de Monaco ne s’est pas concrétisé.
Bien que les détails de l’accord restent à découvrir, il est évident que l’objectif d’Amazon Web Services est de proposer une offre estampillée « Cloud de confiance » par l’ANSSI. Rappelons que pour obtenir cette distinction, il faut d’abord mériter le label SecNumCloud de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information. La cybersécurité, la transparence et le respect des législations internationales sont parmi les critères qui permettent de décrocher ce label.
L’échéance de lancement des offres a été fixée en fin de cette année, ce qui ne donne pas beaucoup de marge de manœuvre pour le duo fraichement formé. Selon plusieurs sources, Amazon aurait surtout l’intention de commercialiser ses services cloud sur une infrastructure pilotée par Atos et qui serait isolée des législations extraterritoriales (Patriot Act)
Cloud de confiance Atos / AWS : véritable projet ou effet d’annonce ?
Nos confrères du Journal Du Net parlent également d’un projet secret qui consiste à mettre en place un datacenter d’Amazon en Ile-de-France. C’est l’entreprise américaine Cyrus One qui se chargera d’installer cette infrastructure et de la mettre à disposition d’Amazon à travers un contrat « single tenant building ». Rappelons que depuis 2017, le groupe de Jeff Bezos a déjà mis en place trois datacenters aux alentours de Paris.
Sollicités par la presse, les porte-paroles d’Atos et d’AWS préfèrent rester dans le silence quant aux détails du projet. Avec autant d’interrogations sans réponses, les observateurs se demandent s’il ne s’agit pas avant tout d’un coup médiatique permettant de relancer la situation économique du groupe français. En effet, Atos accuse un résultat net catastrophique de -503 millions d’euros au premier semestre 2022. Son CA a augmenté de 0,6% et sa marge opérationnelle est passé de 302 millions d’euros à 59 millions d’euros en un an. Avant cette association théoriquement prometteuse, on a déjà parlé de scission au sein du groupe français des services informatiques.



