Deux des trois leaders mondiaux du Cloud Computing, à savoir Google Cloud Platform et Amazon Web Services ont connu des pannes notables lors du dernier trimestre 2020. Bien que temporaires, ces incidents ont chamboulé le monde du web, si ce n’est le monde tout court, à une époque où particuliers et professionnels dépendent fortement d’internet et des services connectés. Une piqure de rappel que ces services ne sont pas infaillibles et qu’il est peut-être temps de songer à d’autres alternatives concernant le cloud public.
Des géants du Cloud pas infaillibles
Le 14 décembre dernier, à 12h47 heure française, Google est tombé en panne. Le site Downdetector n’a pas manqué de signaler les internautes tandis que les hashtag #GoogleDown, #YouTubeDown et consorts pullulent sur les réseaux sociaux. Tous les services Google ont été impactés, notamment Gmail, YouTube, Google Maps et Google Drive. Selon les explications de la firme californienne, le problème était lié à l’authentification. Néanmoins certains utilisateurs ont pu accéder ces services normalement lors de cette panne. Une heure et neuf minutes après, Google déclare avoir résolu le problème et s’est publiquement excusé. En Septembre, Google avait déjà fait face à une paralysie du service Google Docs.
Le 25 novembre 2020, Amazon Web Services (AWS) a connu une panne temporaire qui a perturbé de nombreuses entreprises dont de grandes enseignes comme Adobe, Flickr ou encore Roku. Tous les sites web, apps et objets connectés qui reposent sur le cloud d’Amazon étaient momentanément hors service. Il s’agissait d’une panne localisée, touchant la région « US East 1 ». Cependant, les gros clients d’AWS comme Apple, Slack et Netflix ont été épargnés. AWS a annoncé que le problème venait du service cloud Amazon Kinesis. Quatre ans plus tôt, Amazon a connu une panne quasi-similaire touchant la même région.
L’avènement du multicloud ?
Malgré ces failles, il est évident que le monde moderne tendra de plus en plus vers le Cloud Computing. Une solution : le multicloud. Le multicloud consiste à déployer les infrastructures cloud sur deux serveurs ou plus, appartenant à des fournisseurs différents. Autrement dit, ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ! En procédant ainsi, une entreprise évite le blackout lorsqu’un fournisseur de services tombe en panne. Les services déployés sur les serveurs des autres fournisseurs prennent le relais. Les entreprises peuvent en même temps utiliser leurs infrastructures sur site. Cette approche ne doit pas être confondue avec le cloud hybride qui consiste à solliciter en même temps un serveur public et un serveur privé.
Le problème avec les GAFAM, c’est leur vision propriétaire et autocentrée. Google et Amazon ne cessent d’améliorer les fonctionnalités de leurs nuages pour attirer de plus en plus d’adeptes mais réduisent petit à petit les compatibilités avec les autres fournisseurs. La concurrence dans toute sa splendeur ! Très récemment, AWS a connu une mutation qui ouvre les portes au Cloud Computing hybride mais pas au multicloud.
Bref, les agissements et les failles des géants du Cloud montrent clairement qu’il est essentiel de reconsidérer notre dépendance aux services cloud et/ou développer une certaine maturité concernant les solutions alternatives, à l’initiative de ce que propose le projet européen Gaia-X. Avant d’arriver à avoir une alternative européenne au cloud des GAFA, il convient de s’intéresser au multicloud. Encore faut-il que les leaders fassent des concessions en termes d’ouverture et de compatibilité, à défaut d’assurer un service à 100% stable et disponible.



