Depuis quelques années, Amazon Web Services (AWS), Google Cloud Platform (GCP) et Microsoft Azure dominent le marché mondial du Cloud Computing, laissant très peu de place aux étoiles montantes. Sans aucun complexe, l’entreprise française OVHcloud compte bien se faire une place dans le paysage du cloud et rivaliser avec les géants américains et chinois, ne serait-ce que sur le Vieux Continent. En témoigne sa participation à Gaia-X ainsi que ses avancées récentes en termes de technologie et de sécurité informatique.
OVHcloud face aux GAFA et Alibaba
Fondée en 1999 par Octave Klaba alias Oles Van Herman (son surnom d’étudiant) sous le nom OVH, l’entreprise débute en tant qu’hébergeur de services. D’ailleurs le sigle OVH a été décliné plus tard vers la question : « On Vous Héberge ? ». Dix ans après sa fondation, OVH devient le plus grand hébergeur de site web en Europe. En 2004, OVH s’exporte en Pologne, pays d’origine de son fondateur pour y ouvrir une première filiale. De 2004 à 2010, d’autres filiales voient le jour en Espagne, en Italie, au Portugal, en Allemagne, en Grande Bretagne, aux Pays-Bas, en Finlande, au Maroc et en Tunisie. OVH se diversifie à partir de 2010 en se lançant dans le Cloud Computing et en devant quelques années plus tard, fournisseur d’accès internet et opérateur télécom via la branche OVH Télécom. Octobre 2019, OVH devient OVHcloud pour marquer son implication et ses ambitions dans le cloud. Rien d’étonnant sachant qu’à la même période, plus de 70% du chiffre d’affaires de la société sont liés à leurs services cloud computing.
Ces dernières années, malgré une remarquable évolution de l’entreprise roubaisienne, les très grandes entreprises et les structures importantes en Europe continuent de privilégier le trio étatsunien qui se partagent plus de 60% du marché ! Au pied du podium on retrouve Alibaba, le colosse asiatique du e-commerce qui a réalisé 2,2 milliards de dollars de CA au dernier trimestre 2020. Des revenus massifs qui lui permettent de surpasser IBM. Le Made in France ne semble pas faire recette, mais le recours aux plateformes US ne satisfait pas pour autant : l’attribution de l’hébergement de notre Plateforme de Données de Santé (Health Data Hub) à Microsoft Azure a été perçue comme la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

OVHcloud ne cache pas ses ambitions
Loin de se décourager, OVHcloud a répondu de la plus belle des manières en se donnant les moyens de combler le fossé le tenant à l’écart des leaders du marché. Tout d’abord, l’entreprise a collaboré avec 30 partenaires pour transfigurer son service cloud. On annonce une trentaine de nouvelles fonctionnalités liées à l’Intelligence Artificielle, au High Performance Computing et au High Converged Infrastructure entre autres. Conscients de l’importance des enjeux en termes de cybersécurité, la firme a blindé son écosystème, notamment les solutions Iaas Hosted Private Cloud. Cette initiative lui a permis d’obtenir un visa de sécurité ANSSI et une qualification SecNumCloud.
Il est également question de lancer deux nouvelles gammes de serveurs Bare Metal. D’un côté, on a la gamme Scale dont la mémoire vive (1,5 To) est presque deux fois plus importante que ce qui se fait de mieux chez AWS (768 Go), est taillée pour le Big Data et le VDI. De l’autre côté, nous avons la gamme HG (High Grade), dont le stockage flash (24 x 3 840 Gb) surclasse son équivalent estampillé AWS (8 x 7500 Gb), propose des infrastructures hyper convergés. Des chiffres qui démontrent clairement les ambitions d’OVHcloud.
Aujourd’hui, OVHcloud est devenue une alternative concrète pour les grands comptes et structures aux données critiques. Avec le séisme provoqué par l’annulation du Privacy Shield, les géants américains ne sont plus vus comme la solution idoine en matière d’hébergement des données critiques européennes. Le projet de cloud souverain Gaia-X tardant à prendre forme tout en ayant tendu un peu les bras à des multinationales américaines, il y a une véritable carte à jouer pour OVHcloud en tant qu’acteur européen du cloud.



