Le stockage objet en mode open source

Le développement du cloud et l'avènement du software defined storage ont remis au goût du jour le stockage en mode objet. Quels sont ses avantages et contraintes ? Pourquoi l'Open Source pourrait limiter ces dernières ? Tour d'horizon du marché et de ses acteurs phares.

Le stockage objet n’est pas nouveau, il date des années 90, et ses bienfaits sont donc assez bien connus par la majorité des professionnels de la tech. En revanche, beaucoup ignorent encore l’intérêt d’un stockage objet en mode open source. Selon de nombreux experts, ce mode de stockage a tout ce qu’il faut pour devenir dans un futur proche, le nouveau standard.


Retour sur les fondements du stockage d’objets

Pour simplifier la définition du stockage en mode objet, nous pouvons le décrire comme une méthode permettant de stocker des données non structurées dans un environnement non hiérarchisé, sans une arborescence de dossiers. Tous les objets ou données sont gardés au même niveau dans le pool de stockage. Exit les lignes et les colonnes, l’environnement de stockage est structurellement plat. Chaque objet possède une identification et parfois des métadonnées.

Ce type de stockage se fait généralement dans le Cloud, quoique certaines entreprises choisissent de stocker leurs données in situ, sur leurs propres serveurs. Le stockage d’objets permet de sauvegarder une quantité de données pratiquement infinie sans avoir à les partitionner. L’absence d’arborescence ou d’hiérarchisation offre davantage d’efficacité aux professionnels. La particularité de ces architectures fait que les objets stockés peuvent être mis à jour en continu et restent constamment disponibles.

Ce type de stockage est fortement indiqué pour les données non structurées comme les contenus multimédia et contenus Web en général. Cependant, les données qui sont régulièrement modifiées sont peu adaptées au modèle.

Sans surprise, les trois leaders du cloud computing dominent le marché du stockage des données mais outre le fameux S3 d’AWS, les équivalents Azure de Microsoft et GCP de Google, les alternatives open source laissent entrevoir un avenir différent.


L’émergence du stockage objet en mode open source

Malgré le nouveau souffle que le stockage objet avait apporté, la technologie était tout de même confrontée à quelques défis dont le plus gênant était la gestion du stockage. En effet, les environnements de stockage étaient d’une hétérogénéité qui rendaient difficile le déploiement de services adéquats. Le projet OpenSDS était alors lancé en 2016 avec la Fondation Linux, avec le concours de plusieurs enseignes dont Dell, Huawei et Intel. Le projet consistait en la mise en place d’un système de stockage « à définition logicielle Open Source ».

Quoique le projet permit de créer une communauté capable de résoudre certains problèmes relatifs aux limites du stockage d’objets, une autre fondation a été constituée en 2020 pour, en quelque sorte, prendre le relais de l’OpenSDS afin de pousser l’idée encore plus loin. Il s’agit de Soda Open Data Autonomy ou SODA. Selon Steve Tan, président de la SODA Foundation :

« Comme aucun client ne fait appel qu’à un seul fournisseur en matière de stockage, il était question de créer une plateforme – ou un framework – permettant de relier les différentes formes de stockage et de collaborer au niveau de la surveillance et du déploiement. »

SODA Foundation a développé un écosystème de solutions visant à apporter des solutions Open Source aux problèmes de gestion de données, en partant de l’edge computing jusqu’au cloud.

Depuis, plusieurs initiatives ont vu le jour et l’informatique de périphérique ou edge est devenu l’une des technologies de base du stockage d’objets en mode open source.


Stockage objet en open source : quels avantages ?

Selon Matthew Hurford de NetApp :

« La communauté des logiciels open source tire parti d’un vaste réservoir de talents technologiques du monde entier. »

Leur contribution aux codes open source est importante et permet de relever de nombreux défis. Les logiciels créés se bonifient avec le temps grâce à ces contributeurs et n’ont plus grand-chose à envier aux logiciels propriétaires.

Par ailleurs, on constate un raccourcissement du délai de commercialisation. Les processus métiers bénéficient d’une meilleure gestion des données et d’une automatisation efficace. Tout ce qu’il faut pour accélérer le déploiement des produits et les faire évoluer rapidement. On peut donc affirmer que l’open source dans le stockage d’objets confère agilité et flexibilité.

Pour Vishal Ghariwala, CTO chez SUSE :

« Vous avez aussi la possibilité de passer à un autre fournisseur Open source offrant des capacités similaires, pour des raisons de coûts, de technologies ou d’enjeux commerciaux. C’est le cas, par l’exemple, lors du rachat d’un fournisseur Open source par un fournisseur de plus grande envergure qui n’entretient pas avec le client les mêmes relations commerciales. »


MinIO, l’étoile montante du stockage objet Open Source

MinIO Object Storage fait partie des services de stockage distribué les plus prometteurs à l’heure actuelle. De haute performance, il est défini par logiciel et est totalement open source. Sa principale licence est GNU AGPL 3.

Avec plus de 1,2 million de déploiements actifs sur cloud public, cloud privé et solutions edge, MinIO est le service de stockage objet dans le cloud à la croissance la plus rapide et est régulièrement classé par les analystes du secteur comme un leader du marché. Fondée en 2014, la société est soutenue par Intel Capital, Softbank Vision Fund 2, Dell Technologies Capital, Nexus Venture Partners, General Catalyst et des investisseurs providentiels clés.

Le Petit Poucet qui s’est attaqué au mastodonte qu’est AWS semble avoir réussi son pari de rendre ouvert et performant le stockage objet. Ce sont deux des principales raisons qui font que MinIO est nativement intégré à h8lio. Et avec la célébration en septembre 2022 du milliard de téléchargements de son logiciel, ce qui en fait le stockage d'objets le plus utilisé au monde, l’aventure MinIO ne semble pas prête de s’arrêter.


Par Baptiste.casnedi