Cloud gaming : le jeu vidéo passe aussi au cloud

Des GAFA aux géants Sony, Nvidia et Electronics Arts, en passant le frenchie Shadow, tous les acteurs du jeu vidéo proposent du Cloud Gaming. Boosté par la pandémie et avec quelques années de retard sur les services de streaming audio et vidéo, le 1er marché culturel mondial se pose et s'impose dans le cloud.

Technologie relativement récente, le marché du Cloud Gaming connait actuellement une croissance exponentielle qui lui a permis d’atteindre la barre des 1,5 milliards de dollars en 2021. De nombreux observateurs avaient déjà prédit le succès du gaming en nuage depuis plusieurs années mais selon toute vraisemblance, cette ascension fulgurante a été boostée par la pandémie. Zoom sur un phénomène qui n’a pas fini encore de décoller.


Qu’est-ce que le Cloud Gaming ?

Le Cloud Gaming fonctionne sur le même principe que les services Cloud Computing et les médias en streaming comme Netflix pour les films et séries et Spotify pour la musique et les podcasts. Le principe est simple : vous avez la possibilité de jouer à des jeux-vidéos que vous n’avez pas installé sur votre ordinateur, tablette ou smartphone mais qui sont jouables directement via le cloud.

Pour jouer dans cette configuration, vous n’avez besoin que d’une connexion stable, fibre optique de préférence, un appareil ou terminal connecté (ordinateur, tablette ou smartphone), ainsi qu’un abonnement à un service Cloud Gaming pour se connecter à une plateforme. Cela étant dit, certains fournisseurs de ce type de service, à l’instar de Microsoft et Google, permettront sous peu jouer sur une Smart TV.

Le principal avantage du Cloud Gaming réside dans le fait que vous pouvez jouer aux jeux les plus récents sur des appareils très peu puissant. Le coté hardware étant assuré à distance par les plateformes et services de Cloud Gaming depuis les serveurs, le calcul et le traitement graphique sont donc délocalisés. Votre ordinateur se contente de diffuser les images « en streaming » et de transmettre vos commandes au serveur.


De nombreux acteurs et pas des moindres

Depuis le début de la pandémie, les offres se sont multipliées et aujourd’hui pratiquement tous les géants du web et du monde des jeux-vidéos se sont lancés dans le Cloud Gaming. Ainsi on retrouve des noms glorieux comme Microsoft, Sony, Google, Amazon, Apple, Electronic Arts, Nvidia ou encore Facebook.

Le marché est dominé par Microsoft avec son offre Xbox Game Pass (anciennement xCloud) dont l’abonnement Ultimate (12,99 €) offre plus de 100 titres jouables sur PC et Xbox. Game Pass a atteint les 25 millions d’abonnés janvier dernier, contre 18 millions l’an dernier. Par ailleurs, son offre Xbox Cloud Gaming permettant de streamer certains jeux vient de dépasser la barre symbolique des 10 millions de joueurs.

Google Stadia, Nvidia GeForce Now, Sony PlayStation Now, Vortex (l’offre d’entrée de gamme) et Shadow, complètent le top 6 des services les plus prisés par les gamers du cloud. Selon les sources les plus fiables, Sony prépare une offre des plus compétitives, qui se présentera comme une alternative à Xbox Game Pass.


L’avenir du jeu-vidéo sera dans les nuages

La pénurie des composants durant la première année de la pandémie a eu un effet sur le succès du Cloud Gaming. En 2021, le secteur a pesé 1,476 millions de dollars, avec près de 22 millions de joueurs recensés. Or, en 2020, le marché « ne valait que » 671 millions dollars, soit presque la moitié.

Une étude réalisée par Newzoo en mars 2022 estime que le marché pèsera 6,3 milliards de dollars en 2024. Est-ce donc la fin du gaming tel que nous le connaissons ? Il semble qu’il soit encore trop tôt pour se prononcer, d’autant plus que le Cloud Gaming est confronté à quelques limites. En effet, dans la pratique, la qualité de l’expérience dépend de la qualité de la connexion et les problèmes liés au temps de latence sont encore légion. En outre, la compression de l’image, qui permet de jouer de manière plus fluide et plus stable, ne fait pas l’unanimité auprès des plus exigeants. Cela étant, le Cloud Gaming n’en est qu’à ses débuts…


Shadow, chauvinisme oblige…

Aux côtés de ces géants du numérique, dont les inévitables GAFAM, l’entreprise française Shadow ne compte pas rester dans leur ombre, sans mauvais jeu de mots. Pour ceux qui ne connaissent pas encore Shadow, il s’agit d’une société française le dirigeant actuel n’est autre qu’Octave Klaba, celui à qui on doit OVHcloud. Le savoir-faire de l’entreprise en termes de Cloud Computing n’est donc pas à démontrer. Shadow se distingue des autres fournisseurs Cloud Gaming dans la mesure où elle met à disposition de ses abonnés un PC gamer « complet » à distance. L’appareil délocalisé permet de réaliser jouer aux jeux les plus récents et de réaliser d’autres tâches depuis n’importe quel terminal connecté.

Le 18 mai prochain, Shadow organisera sa tout première conférence sur le Cloud Computing et le cloud gaming. Ce sera l’occasion de découvrir, espérons-le, de nouvelles offres et/ou des performances revues à la hausse. Discord, le serveur de Shadow a laissé quelques indices sur ce sujet en évoquant entre autres un CPU plus puissant, des GPU équivalents à la RTX 3070, une RAM qui passe à Go au lieu des 12 Go actuels, etc. Rendez-vous dans deux semaines pour confirmer tout cela.


Par Baptiste.casnedi