Après le multicloud, place au supercloud ?

Supercloud, metacloud, voire cross-cloud, nouveau buzzword du secteur ou vraie évolution du multicloud permettant de pallier aux défauts de ce dernier et aux freins à sa mise en œuvre généralisée ?

Le cloud ne cesse de se renouveler pour offrir davantage de possibilités aux entreprises. Si à l’heure actuelle, le muticloud semble s’imposer comme un standard, de nombreux experts évoquent un nouveau concept qui pourrait prendre le relais dans un futur proche : le supercloud.


Le multicloud s’essouffle-t-il ?

Pour rappel, le multicloud consiste à utiliser au moins deux clouds publics différents pour l’hébergement des données et/ou pour le fonctionnement d’une application. Chaque cloud étant rattaché à un fournisseur différent. Cette configuration permet d’obtenir les mêmes données depuis plusieurs sources. En cas de défaillance d’un cloud, l’autre peut prendre le relais. Les avantages en matière de flexibilité et de minimisation des risques d’interruption de services sont donc indéniables, sans parler de l’augmentation de la sécurisation des données et la non-dépendance à un prestataire unique.

Malgré tout cela, le multicloud possède des limites. Vittorio Viarengo, Vice-Président Cross-Cloud Services chez VMWare décrit le fonctionnement du multicloud en 5 étapes, à savoir

1. Le déni de l’existence du cloud,

2. l’amélioration des performations et de la sécurité,

3. la prise de conscience des grandes responsabilités,

4. l’adoption de la nouvelle normalité

5. et enfin l’étape finale appelée « l’illumination du cloud ».

Selon lui, peu d’entreprises parviennent à l’étape finale, raison pour laquelle, il fallait un moyen de dépasser l’étape de la nouvelle normalité, d’où le besoin d’une nouvelle configuration, en l’occurrence le supercloud, parfois noté cross-cloud voire metacloud.

Par ailleurs, les défis posés par le multicloud refroidissent de plus en plus les organisations. De nombreuses entreprises ont du mal à migrer les applications d’un cloud à un autre ou d’un datacenter à un autre, à sécuriser toutes leurs applications selon les politiques de sécurité, à optimiser les performances de ces applications et à obtenir des informations concernant la santé des applications. Toucher les services en production pour les migrer là ou l’herbe semble plus verte ne se fait pas sans appréhension. Sans compter sur les entraves des géants du secteur qui préféreraient que leurs clients conservent la majorité de leurs applications et données chez eux plutôt que chez leurs concurrents. Dans les faits, si le multicloud est possible, il est encore complexe, coûteux et peu voire pas poussé par les fournisseurs cloud, qu'ils soient européens ou américains. La démarche agnostique et multicloud native d'h8lio fait ainsi figure d'ovni dans le marché.


Qu’est-ce que le supercloud ?

Le terme « supercloud » n’est pas nouveau en soi, il a été sur les lèvres des experts et observateurs depuis 2016. On doit l’invention de ce mot à l’Université Cornell qui définit le supercloud comme « une architecture cloud qui permet la migration d’applications en tant que service à travers plusieurs zones de disponibilité ou de fournisseurs cloud ». Grâce au supercloud, la notion de flexibilité atteint un niveau supérieur. Les utilisateurs peuvent déplacer leurs VM dans plusieurs datacenters sans avoir à retoucher la configuration ni à synchroniser une nouvelle fois leurs applications. Lorsqu’un datacenter est surchargé, une application peut se décharger vers un autre centre de données dont l’infrastructure n’est pas forcément identique à la première.

Pour faire plus simple, le supercloud a pour vocation de relever les défis du multicloud, en tirant parti des services cloud natif, en assurant la cohérence entre les clouds et en rendant l’environnement plus simple. Bien évidemment, la rationalisation des coûts fait partie des avantages du supercloud.

Le supercloud n’est pas un concept lointain et incertain, de nombreux acteurs sont déjà sur le coup, comme VMware, Hashicorp, Snowflake ou encore Databricks. VMware a été l’un des précurseurs grâce à sa plateforme cloud native Tanzu et les services Cross Cloud. Ces entreprises ne peuvent pas encore prétendre qu’ils proposent du supercloud mais force est de constater qu’ils sont en bon chemin puisque leurs architectures présentent de nombreuses similarités avec les superclouds.

Sans surprise, on constate que les géants du cloud se sont mis en ordre de marche afin de proposer une supercloud. Microsoft Azure et Amazon sont ceux qui se démarquent le plus parmi les géants du secteur.


Par Baptiste.casnedi